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Saint-Pierre-Montlimart, 1962 ERAM et la liberté syndicale
Albert-René Biotteau-Guéry, fondateur de l’empire ERAM, n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds. Quand un syndicat CFTC apparaît dans l’un des ateliers de son groupe, il emploie les grands moyens : la fermeture de l’atelier en question, ni plus, ni moins.
Dans le monde de la chaussure, Biotteau-Guéry est une pointure. Il incarne le self-made man, le petit artisan parti de rien au début des années 1930, devenu un leader français de la chaussure trente ans plus tard, avec ses usines et ses magasins. Une réussite…
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François Bonnaud un Angevin dans la « Grande boucherie «
En 1912, l’adolescent Bonnaud (1896-1981) fait partie d’une société de tir et rêve comme tant d’autres de prendre sa revanche sur le Prussien : le jeune Angevin veut sortir l’Alsace et la Lorraine des griffes des brutes d’Outre-Rhin ! En août 1914, il veut s’engager mais sa mère s’y oppose avec force. Il ronge alors son frein mais pas longtemps.
Ecoutons-le : « Dès les premiers jours de l’occupation allemande du nord de la France, le 19e régiment de chasseurs à cheval s’installe à Saint-Sylvain (Maine-et-Loire). De chez mon oncle et des fermes voisines, je peux à mon aise assister au passage des troupes et…
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Constant Drouet, coopérateur du Saumurois
Constant Drouet, ouvrier charron natif de Nantes, fait partie de ces militants obscurs de la cause prolétarienne. Socialiste, syndicaliste, il était également un ardent propagateur de la coopération ouvrière dans sa ville d’adoption : Saumur.
Né en 1858, Constant Drouet s’installe dans la sous-préfecture du Maine-et-Loire à la fin de l’Empire. On peut imaginer que c’est le travail qui pousse le tout jeune homme, ouvrier charron, à s’implanter dans une cité réputée pour son école de cavalerie. De sa vie…
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Anjou, terre de mission…
Joseph Rey (1779-1855) et Grégoire Bordillon (1803-1867), le premier, magistrat, le second, avocat incarnent parfaitement cette petite bourgeoisie intellectuelle qui, sous la Monarchie de juillet, se piquent d’idées nouvelles et séditieuses, et rêvent d’harmonie sociale.
C’est un ancien proscrit qui débarque un jour de 1830 dans la bonne ville d’Angers. Condamné à mort, obligé de fuir outre-Manche, le républicain Joseph Rey a mûri durant ses six années d’exil. En Angleterre, il a fait la connaissance des théories de Robert Owen.…
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Angers, mars 1925 l’anarchiste et le général
Ce 8 mars 1925, la droite catholique entendait marteler le pavé angevin sans encombre pour dénoncer l’anticléricalisme du nouveau gouvernement. Il revenait aux communistes et anarchistes de faire entendre un autre son de cloche…
L’arrivée au pouvoir, au printemps 1924, du Cartel des gauches (alliance des radicaux et des socialistes), réveille la droite catholique et réactionnaire. Outre la suppression de l’ambassade au Vatican, le président du conseil, Édouard Herriot, entend appliquer les lois laïques en Alsace-Lorraine (de retour dans…
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Maine-et-Loire, 1986 Ginette Leroux, de Trélazé au Palais-Bourbon
Lors des Législatives de 1981, la droite remporte l’intégralité des sièges en lice : pas de vague rose sur les bords de la Maine, donc ! En 1986, seul le scrutin à la proportionnelle permet à deux candidats socialistes de gagner le Palais-Bourbon. L’un est une femme : Ginette Leroux.
Ginette Leroux voit le jour en juillet 1942 dans Angers occupé, d’un père ouvrier dans une cimenterie et d’une mère employée. Douée pour les études, soutenue par les enseignants, elle passe avec succès le bac philo en un temps où rares sont les enfants d’ouvriers…
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Maine-et-Loire, 1976 un président face à la crise
A l’occasion de la visite imminente du président Valéry Giscard d’Estaing, Zede prend la plume, et elle est rude. Ce militant CFDT offre un tableau très sombre de la situation économique du Maine-et-Loire et termine par ces mots : « En définitive, je crois que vous feriez mieux de ne pas venir. La qualité de la vie, vous n’y connaissez rien. »
Sous le titre « Bébert emmène Giscard en Bateau » (CFDT Action, n°23, 06-07/1976), Zede embarque le président pour un voyage dans un Maine-et-Loire frappé de plein fouet par la crise. Aux Ponts-de-Cé, Anjou-Primeurs a fermé ses portes, tout comme la conserverie de Saint-Mathurin et…
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Cholet, 1865 l’ESS au nom de la République
En 1851, Napoléon III met un terme à l'expérience chaotique de la Deuxième République en se présentant comme l'homme providentiel qui ne fait pas partie de « la famille des idéologues » et n'est pas un rêveur comme les « réformateurs prétendus. » Il est proche du peuple et de ses aspirations. Les tisserands choletais le prennent aux mots…
En septembre 1865, les tisserands choletais entrent en lutte. Ce que les blanchisseurs ont gagné en se croisant les bras, ils peuvent l’obtenir également. Cette situation déplaît fortement au maréchal commandant de région qui regrette cette « tendance, chez presque tous les corps d’État, à s’associer…
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Jules Allard, le tisserand rouge
Qui se souvient de Jules Allard (1846-1931), fils de tisserand et tisserand lui-même, né au cœur du Cholet prolétaire ? Pourtant, jusqu’au début du 20e siècle, il fut l’une des voix de la contestation sociale dans le Maine-et-Loire.
C’est comme défenseur des ouvriers du textile qu’il se fait connaître, créant en 1882 la Chambre syndicale des ouvriers tisserands (CSOT) du rayon industriel de Cholet, avec une poignée de militants investis dans L’Espérance des tisserands unis, une coopérative ouvrière de production formée en 1870.…
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1910, « La machine tue le bras ! »
Dans les années 1810, de l’autre côté de la Manche, des tisserands anglais brisaient les machines à tisser qui, d’artisans, les transformaient en chômeurs ou en prolétaires ; seule la répression vînt à bout de ces luddites. Un siècle plus tard, de septembre à décembre 1910, dans le Choletais, ce sont les tisserands à la main, les tisseurs et ouvrières à domicile ou en usines sur les bords de Sèvre, Maine-et-Loire et Vendée qui s’organisent pour lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail.
Outre la revalorisation du tarif, comme en 1888 et 1904, et la baisse du temps de travail, les grévistes s’opposent à la conduite simultanée des métiers (4 métiers chaîne-coton ou 2 métiers chaîne-fil par tisseur) exigée par le patronat pour faire face à la concurrence.…
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