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  • Nantes 1892-1893, des coiffeurs à couteaux tirés

    Le 3 février 1893, Ferdinand Chevalier, secrétaire du syndicat CGT des ouvriers coiffeurs de Nantes, claque la porte, furieux que certains aient mis en question sa probité. Il faut dire que ses pratiques ont de quoi irriter…

    Les comptes rendus de réunions du syndicat, dont le registre ouvert en octobre 1890 est conservé au Centre d’histoire du travail, nous éclairent sur les conflits agitant ce modeste syndicat, à la fois outil de résistance et structure gérant une école de coiffure faisant concurrence…

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  • Saint-Nazaire 1962, fievre des fondeurs

    « Les marchands de chair humaine » : tel est le titre du tract diffusé le 23 août 1962 par le syndicat des métaux CGT de Saint-Nazaire. L’objet de leur colère ? La nouvelle méthode de production employée par le chantier de l’Atlantique dans l’atelier de pré-fabrication des tôles.

    Pour éviter qu’elles rouillent, les tôles sont immédiatement peintes avec de la peinture au zinc. Problème : quand elles sont remises aux bons soins des soudeurs et découpeurs, ceux-ci respirent « des gaz nocifs produits par la combustion inévitable de la peinture de protection des tôles », d’où…

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  • Nantes, 1919 : « Rien ne ressemble plus à un noir qu’un autre noir »

    Le 22 avril 1919, en pleine fête foraine nantaise, Théophile Saint-Éloi Étilce, ouvrier guadeloupéen de 27 ans et ancien combattant, est abattu de sang-froid par un policier militaire américain blanc, Stephen J. Wharton.

    Wharton justifie son geste en disant l’avoir confondu avec un déserteur américain. Certes, écrit L’Ouest-Éclair, « rien ne ressemble plus à un noir qu’un autre noir » (sic), mais le quotidien rennais ajoute aussitôt qu’à la différence des Etats-Unis ségrégationnistes, en France, « nous […] ne cultivons pas…

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  • L’anniversaire contesté de l’ASPTT

    A quelle date l’Association sportive des postes, télégraphes et téléphones (ASPTT) de Nantes a-t-elle vu le jour ? De mémoire de postier, c’est en 1943 qu’elle fut portée sur les fonts baptismaux, et tout semble l’attester. Mais les archives racontent une autre histoire…

    De longue date, l’idée s’est en effet répandue, confirmée de bonne foi par ses dirigeants actuels, que la création de l’ASPTT de Nantes remontait à la Seconde Guerre mondiale lorsque le directeur départemental des Postes sollicita un de ses agents pour encadrer les cours d’éducation…

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  • Saint-Nazaire, le 20 juin 1961 : une « première » sous tension

    Ce jour-là, 3000 ouvriers et 1000 agriculteurs défilent à Saint-Nazaire pour défendre les « libertés syndicales » après l’incarcération de deux paysans, suite à la manifestation violente du 8 juin à Morlaix. Mais n’allons pas croire que l’organisation de cette « première dans l’histoire du syndicalisme français », dixit la presse, se passa sans souci.

    Le lendemain de cette manifestation, Paul Malnoë, figure de la CGT-FO locale, écrit à Georges Delamarre, secrétaire fédéral de la métallurgie, une longue lettre qui détaille comment la décision fut prise. Et son contenu est très intéressant. Sollicité la veille au soir par la FDSEA…

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  • Préfailles août 1937 : quand la jeunesse s’en mêle

    Les années 1930 sont marquées par une montée de la violence politique entre partisans et opposants au Front populaire. Cette politisation des esprits n’épargne pas les enfants comme en atteste ce fait divers survenu à Préfailles au cœur de l’été.

    L’incident, pourtant anodin, a les honneurs de la presse réactionnaire. Le Jour, quotidien fort droitier, titre dans son édition du 23 août 1937 : « À Préfailles, de jeunes communistes assaillent des enfants patriotes ». Les « agresseurs » sont des gamins de la colonie de vacances de l’Union des…

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  • Les v’là, en avant la JGS pour l’Espagne !

    Les années 1930 sont marquées par l’opposition souvent violente entre « antifascistes » et « anticommunistes ». L’implantation à Nantes du Parti social français (PSF), successeur des Croix de Feu et considéré par les gauches comme un parti « fasciste », s’accompagne d’affrontements, comme en témoigne l’audience du 22 mars 1938 du tribunal correctionnel nantais pour une affaire survenue le 9 juillet 1937 [1].

    Ce jour-là, une rixe oppose des socialistes aux partisans du PSF réunis au Chalet suisse dans le quartier de Chantenay. Il y a d’abord une algarade dans un café du boulevard de l’Égalité entre un jeune soudeur des Batignolles, membre de la Jeune garde socialiste…

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  • Nantes 1946 vandales et affameurs

    Le 10 janvier 1946, une manifestation syndicale dégénère devant la Préfecture. Bis repetitae le 29 janvier : la préfecture est envahie et dégradée. Le 21 août, la cible a changé : une dizaine de commerces est attaquée et pillée. Comme l’écrit un dénommé Prolo dans les colonnes de Tribune socialiste : « Le temps est fini de rire ».

    En ce début d’année 1946, la CGT appelle les travailleurs à se mobiliser contre le rationnement, la spéculation et l’organisation à ses yeux chaotique du rationnement. Le 10 janvier, 15 à 20000 travailleurs descendent dans la rue, et devant la Préfecture, quelques centaines de « jeunes…

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  • Une jeunesse bouleversée par le printemps 1936

    En 1924, à l’âge de dix-huit mois, Jean-Claude Roux découvre les Batignolles, non pas les cités ouvrières en bois, mais une belle bâtisse sise à La Renaudière. C’est là qu’il va passer sa jeunesse d’enfant… et de fils du directeur.

    Diplômé des Arts et Métiers, Théodore Roux est chargé en 1924 par la direction des Batignolles de prendre en charge l’usine nantaise du groupe. Il s’installe dans un logement de fonction, une « sorte de Folie du 19e siècle » au milieu d’une espace de trois hectares,…

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  • Le Pellerin, 1884 : Aigues-Mortes, si loin, si proche

    En août 1893, des travailleurs italiens embauchés par la Compagnie des salins du midi subissent les assauts de leurs collègues français et des habitants de la ville d’Aigues-Mortes. Neuf ans plus tôt, une querelle similaire aurait pu avoir les mêmes conséquences près de la commune du Pellerin…

    Dans son édition de septembre 1893, le Bulletin officiel de la bourse du travail de Nantes consacre sa Une aux « Incidents d’Aigues-Mortes ». Article intéressant par l’analyse qu’il porte sur les événements. Ainsi les syndicalistes parlent de « bagarres » alors que c’est bien plutôt un massacre qui…

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