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  • Les ferblantiers-boîtiers et le travail des femmes

    Il y a le prolétaire, interchangeable, qui n’a que ses bras à offrir, et l’ouvrier qualifié, fier de ses compétences. Les ouvriers-boîtiers, ferblantiers ou soudeurs, de la puissante industrie de la conserve nantaise, sont de ceux-là.

    Tout comme les typographes, ils font partie de ce qu’on appelle l’aristocratie ouvrière. Adroits et minutieux, ils ont su très tôt se regrouper, défendre leur autonomie dans la façon d’organiser le travail et arracher au patronat local des salaires honorables. Afin de faire baisser les…

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  • Nantes, février 1934 la riposte ouvrière

    À Nantes comme ailleurs la population se sent très concernée par les conséquences de la manifestation du 6 février 1934 qui a vu les ligues d’extrême droite menacer les institutions de la République et notamment l’Assemblée nationale au cri d'« À bas les voleurs ! ».

    Dans la soirée du 8 février, un meeting de protestation est organisé à la Bourse du travail de Nantes par la CGT (d’obédience socialiste) au cours duquel Auguste Péneau, secrétaire de l’union départementale, prend la parole devant 1 500 personnes. Peu avant 19h, l’assemblée forme…

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  • L’affaire Guy Bézier

    Qui était Guy Bézier ? Un jeune ouvrier de dix-neuf ans, caréneur aux chantiers navals nazairiens. Le 28 mai 1956, cet enfant d’une famille nombreuse et modeste, sans engagement politique connu, se rend comme tant d’autres à une manifestation CGT de protestation contre le rappel massif de soldats du contingent en Algérie ; car la « pacification » est une guerre qui ne dit pas son nom…

    Très vite, Guy Bézier est arrêté. Son crime ? Avoir entravé la circulation de matériel utilisé pour la défense nationale et détérioré du matériel de transport au service de l'armée. Plus précisément, on l’accuse d’avoir saboté les tuyaux d’une motrice de Micheline transportant des rappelés en gare…

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  • Travailleurs coloniaux dans l’industrie de guerre de Loire-Atlantique

    Ce jeune ouvrier indochinois employé à l’Arsenal d’Indret nous rappelle que près de 100 000 Indochinois ont participé au premier conflit mondial. On parlait alors de « Cochinchinois » ou de « Chinois », sans que les archives de l’administration coloniale permettent de distinguer leur origine entre Laos, Vietnam ou Cambodge. Certains ont intégré les troupes combattantes, les bataillons de tirailleurs indochinois, ou des troupes « d’appui », chargées de « nettoyer » les champs de bataille, de creuser les tranchées, de servir comme infirmiers ou comme chauffeurs dont certains s’illustrent sur la Voie sacrée pendant la bataille de Verdun en 1916.

    49 000 d’entre eux sont affectés comme travailleurs coloniaux dans les arsenaux et les usines d’armement pour répondre à l’augmentation de la production et suppléer le personnel mobilisé au front. Souvent employés comme manœuvres [on parle d’ouvriers non spécialisés (ONS)], ils reçoivent rarement de formation qualifiante…

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  • 1933, la marche des ventres creux

    Cruel contraste : le 29 octobre 1932, une foule imposante assiste au lancement du plus luxueux des navires de ligne, le Normandie et ses plus de 300 mètres ; le 27 juin 1933, près d’un millier d’ouvriers de Loire-Atlantique partent de Saint-Nazaire pour rejoindre Nantes dans le cadre d’une marche contre le chômage et la misère.

    La crise, démarrée aux Etats-Unis un jeudi noir de 1929, a traversé l’Atlantique et frappé les économies européennes. Comment le monde peut-il survivre si la principale économie mondiale est en récession ? À Saint-Nazaire, la construction navale, qui vit essentiellement des commandes de l’État, fonctionne au…

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  • Nantes 1880, ouvriers et réactionnaires

    En mars 1880, deux décrets s’en prennent aux puissantes congrégations religieuses. Si elles refusent de se faire enregistrer, elles seront dissoutes, tout simplement. Inévitablement, la politique anticléricale du gouvernement républicain provoque des troubles, notamment dans l’Ouest.

    A Nantes, le commissaire spécial, fervent républicain, prend la plume et rédige un rapport destiné au préfet. Il veut documenter la puissance des cercles catholiques nantais, notamment ceux qui se disent « ouvriers ». Le rapport, malheureusement non daté mais produit sans doute quelques semaines après l’expulsion…

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  • Saint-Nazaire, 11 avril 1950

    Le 12 avril 1950, Le Populaire titre : « Calmes mais décidés les Métallurgistes nazairiens ont effectué en nombre leur deuxième marche sur Nantes ». Au cri de « nos 3000 F », des centaines de manifestants, hommes et femmes, ont en effet parcouru les 60 kilomètres séparant les deux villes pour crier leur colère.

    En 1933, ils avaient marché. Là, ils ont pris leurs bicyclettes. Depuis le 9 mars, les métallos ont engagé un bras-de-fer avec le patronat. Comme la loi votée le 11 février 1950 permet enfin la libre renégociation des conventions collectives, ils espèrent en finir avec…

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  • Pierre et Yvette Poudat

    Depuis la Libération, les gouvernements peinent à résoudre la sévère crise du logement frappant l’hexagone. La Loire-Atlantique, notamment Nantes et Saint-Nazaire qui ont été lourdement bombardées, n’est pas la mieux lotie : ici, insuffisance de logements libres et expansion démographique se conjuguent pour rendre la situation pénible pour beaucoup.

    Né en 1913, ouvrier à l’usine des Batignolles et militant CFTC, Pierre Poudat (1913-2009) rejoint l’Equipe nantaise d’aide pour le logement d’urgence (ENAPLU) en 1955, inspirée par le combat lancé quelques mois plus tôt par l’Abbé Pierre ou encore le Nantais Yvon Gouguenheim. A Nantes,…

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  • Couëron 1975-1976 quand les femmes prirent la colère

    Le 17 juin 1976, douze femmes s’assoient dans le box des accusés du Tribunal de Saint-Nazaire. Leur crime : avoir séquestré le directeur de l’usine Tréfimétaux (Couëron) l’année précédente.

    En février 1975, les salariés se réunissent à l’appel de la CGT (seul syndicat ouvrier présent dans l’entreprise) et rédigent un cahier de revendications. Celles-ci concernent aussi bien les salaires et primes que les possibilités de partir plus tôt en retraite ou d’éviter le travail…

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  • 1981 le réveillon singulier des « Filles de Chantelle »

    Trois cents filles relèvent la tête et entament un bras-de-fer avec leur direction. Nous sommes à l’automne 1981, chez Chantelle, et ces travailleuses ne veulent pas faire les frais de cette « réorganisation » du travail, imposée par un nouveau directeur, qui va rogner leur salaire.

    Ouverte en 1966, l’usine Chantelle s’installe dans la zone industrielle de Saint-Herblain en mars 1968 et… ne peut échapper à la grève générale de mai. Dès 1968, un syndicat CFDT s’implante, suivi au début des années 1970 par une section syndicale CGT. Les années 1970…

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