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  • Saint-Nazaire et la solidarité ouvrière

    A l’automne 1948, le gouvernement envoie troupes et blindés mater l’insurrection des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. La CGT, autrement dit le Parti communiste français, est dans l’œil du viseur étatique, et les mineurs, héros de la bataille de la production, sont transformés bien vite en agents à la solde de Moscou. La France entre ainsi de plain-pied dans la Guerre froide…

    Afin de soutenir les familles de grévistes, le mouvement ouvrier communiste nazairien se mobilise. Sur proposition de l’Union des femmes françaises (UFF), association de la mouvance communiste, de nombreuses organisations participent à la création d’un Comité d’accueil dont le secrétariat est assuré par Marthe Gallet…

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  • Nantes 1929 Charles Tillon au gnouf

    Bien peu se souviennent que le Rennais Charles Tillon (ancien mutin de la Mer noire, militant communiste de premier plan, ministre à la Libération…), déploya une intense activité syndicale en Loire-Atlantique. En 1929, il tenta d’emmener à la victoire les gars du bâtiment mais n’y gagna qu’un séjour au… gnouf.

    Début juillet 1929, Charles Tillon est appelé à la rescousse par la CGTU nantaise. Il doit épauler et galvaniser les travailleurs du bâtiment qui contestent le nouvel accord (qualifié de « honteux marché ») que viennent de signer la CGT et le patronat. C’est un « contrat de…

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  • Les petites mains et le système Taylor

    En juillet 1947, La Voix des travailleurs (VT) lance un appel à témoignages à destination des femmes travailleuses. S’en suivront sur près d’une année, quatre articles sur les métiers de la confection, de la chaussure et du problème du chômage féminin. L’un d’eux a retenu notre attention…

    Cette initiative est portée par des militantes syndicales réunies en équipe appelée Entre nous, dont la date de création nous est inconnue et dont les activités n’ont pas laissé de traces dans les archives de l’organisation (1). Dans le n°3 de La Voix des travailleurs,…

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  • Vertou 1912 des indigènes aux Verreries mécaniques

    La circulaire ministérielle reçue le 31 janvier 1914 par le Préfet de Loire-Atlantique a fixé l’enjeu. L’Indigène présent sur le territoire métropolitain doit garder un « souvenir reconnaissant des procédés dont on aura usé à [son] égard. Notre influence dans la grande colonie africaine ne pourra qu’y gagner »…

    Cette circulaire est la conséquence d’un débat sur l’Afrique du nord ayant animé l’Assemblée nationale en décembre 1913. À l’issue de celui-ci, une commission est chargée d’enquêter sur les conditions de vie des indigènes en France. Il ne lui faut pas longtemps pour souligner rapidement…

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  • Saint-Nazaire, 1967 4000 femmes manifestent

    Le 1er mars 1967, les mensuels (« cols blancs ») de la métallurgie nazairienne entament, pour obtenir des salaires équivalents à ceux pratiqués dans la région parisienne, la plus longue grève de leur histoire. À trois reprises, les femmes leur apportent leur soutien dans la rue. Pour certaines, c'est une première…

    « Manifester, c'est comme du feu sur ma peau », dira plus tard M., femme au foyer depuis son mariage en 1950 avec un employé de bureau de la métallurgie nazairienne. Elle s'inscrit dans la pratique de cette décennie durant laquelle le taux d'activité des…

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  • Nantes 1907, traitre et margoulin

    Le 6 juin 1907, la chambre syndicale des coiffeurs de Nantes évoque l’exclusion d’un dénommé Cardin votée lors d’une réunion récente du comité général de la Bourse du travail à laquelle un délégué coiffeur a pris part. Qu’a donc fait le « traître » Cardin ?

    Cardin n’est pas coiffeur mais inscrit maritime, autrement dit c’est un matelot, et pas n’importe lequel : il est le leader du syndicat départemental et le fondateur d’une solide fédération régionale des marins et pêcheurs de l’Ouest. Si son syndicat a adhéré à la bourse du…

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  • Les ferblantiers-boîtiers et le travail des femmes

    Il y a le prolétaire, interchangeable, qui n’a que ses bras à offrir, et l’ouvrier qualifié, fier de ses compétences. Les ouvriers-boîtiers, ferblantiers ou soudeurs, de la puissante industrie de la conserve nantaise, sont de ceux-là.

    Tout comme les typographes, ils font partie de ce qu’on appelle l’aristocratie ouvrière. Adroits et minutieux, ils ont su très tôt se regrouper, défendre leur autonomie dans la façon d’organiser le travail et arracher au patronat local des salaires honorables. Afin de faire baisser les…

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  • Nantes, février 1934 la riposte ouvrière

    À Nantes comme ailleurs la population se sent très concernée par les conséquences de la manifestation du 6 février 1934 qui a vu les ligues d’extrême droite menacer les institutions de la République et notamment l’Assemblée nationale au cri d'« À bas les voleurs ! ».

    Dans la soirée du 8 février, un meeting de protestation est organisé à la Bourse du travail de Nantes par la CGT (d’obédience socialiste) au cours duquel Auguste Péneau, secrétaire de l’union départementale, prend la parole devant 1 500 personnes. Peu avant 19h, l’assemblée forme…

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  • L’affaire Guy Bézier

    Qui était Guy Bézier ? Un jeune ouvrier de dix-neuf ans, caréneur aux chantiers navals nazairiens. Le 28 mai 1956, cet enfant d’une famille nombreuse et modeste, sans engagement politique connu, se rend comme tant d’autres à une manifestation CGT de protestation contre le rappel massif de soldats du contingent en Algérie ; car la « pacification » est une guerre qui ne dit pas son nom…

    Très vite, Guy Bézier est arrêté. Son crime ? Avoir entravé la circulation de matériel utilisé pour la défense nationale et détérioré du matériel de transport au service de l'armée. Plus précisément, on l’accuse d’avoir saboté les tuyaux d’une motrice de Micheline transportant des rappelés en gare…

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  • Travailleurs coloniaux dans l’industrie de guerre de Loire-Atlantique

    Ce jeune ouvrier indochinois employé à l’Arsenal d’Indret nous rappelle que près de 100 000 Indochinois ont participé au premier conflit mondial. On parlait alors de « Cochinchinois » ou de « Chinois », sans que les archives de l’administration coloniale permettent de distinguer leur origine entre Laos, Vietnam ou Cambodge. Certains ont intégré les troupes combattantes, les bataillons de tirailleurs indochinois, ou des troupes « d’appui », chargées de « nettoyer » les champs de bataille, de creuser les tranchées, de servir comme infirmiers ou comme chauffeurs dont certains s’illustrent sur la Voie sacrée pendant la bataille de Verdun en 1916.

    49 000 d’entre eux sont affectés comme travailleurs coloniaux dans les arsenaux et les usines d’armement pour répondre à l’augmentation de la production et suppléer le personnel mobilisé au front. Souvent employés comme manœuvres [on parle d’ouvriers non spécialisés (ONS)], ils reçoivent rarement de formation qualifiante…

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