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  • Nantes et Saint-Nazaire, 1933 l’indépendance syndicale en question

    Le 8 octobre 1933, réunis à Saint-Nazaire dans la salle des fêtes de l’école Jean-Jaurès (inaugurée un mois plus tôt), les 129 délégués du congrès départemental de la CGT sont appelés à se déterminer sur l’avenir du mensuel, Le Réveil syndicaliste. Doit-il être le journal de l’Union départementale ? Répondre à cette question n’a en réalité rien d’anodin…

    Il y a d’abord un constat posé par le rapporteur de la commission, le postier Bédrède. Le Réveil syndicaliste, organe officiel des syndicats ouvriers de Nantes et de la région, est un mensuel et c’est « insuffisant » pour la propagande. Un bimensuel lui semble nécessaire « au…

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  • 1920 paroles d’un révoqué angevin

    Les grèves de 1920 constituent un moment-clé pour le mouvement ouvrier français sous la troisième République, et une expérience fondatrice pour une nouvelle génération de militants, tel l’Angevin François Bonnaud.

    Sorti meurtri et révolté de la Première Guerre mondiale, François Bonnaud (1896-1981), qui œuvre pour le compte de la Compagnie Paris-Orléans depuis février 1919, ne tarde pas à s’impliquer dans le combat social. Membre du syndicat des cheminots, il est aussi secrétaire du groupe de…

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  • Naissance de l’UD CGT-Force ouvrière en Maine-et-Loire

    Dans l’histoire de la scission de la CGT et de la naissance de la CGT-Force ouvrière en 1947-1948, le Maine-et-Loire fait figure de cas particulier. À l’inverse du rapport de force au sein de la confédération où les cégétistes « communistes » sont majoritaires, ici, les militants non communistes[1] dominent l’Union départementale ; et c’est d’ailleurs l’un d’eux, Raymond Patoux (ici, en 1960, lors d'une réunion syndicale de postiers), résistant, membre du Comité départemental de Libération au titre de la CGT clandestine, socialiste de culture libertaire, qui est mandaté par un secrétaire confédéral réformiste pour prendre en main et assurer la réorganisation de l’UD CGT du Maine-et-Loire à partir de la mi-août 1944.

    En 1946-1947, les débats, houleux, font émerger de profonds différends à tous les échelons syndicaux à propos du recours à la grève (que certains jugent trop souvent « politique ») ou l’attitude à adopter face au Plan Marshall (que les communistes dénoncent avec force). Rapidement,…

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  • Les « perreyeux lèvent le poing «

    Chez les perreyeux (ardoisiers), il y a ceux d’en bas et ceux d’en haut ou, comme l’on dit en Anjou, ceux d’à bas et ceux d’à haut. Ceux d’à bas, les fonceurs, travaillent au fond de la carrière, à casser de la pierre sous le regard d’un clerc, autrement dit d’un contremaître.

    Les blocs arrachés à la roche sont remontés et mis à disposition des fendeurs. Les fendeurs sont ceux d’à haut. Payés à la tâche, ils ont l’esprit indépendant. Leur savoir-faire, ils entendent bien le monnayer, car il faut bien connaître la pierre pour la fendre…

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  • Bahonneau et Ménard, deux meneurs trélazéens

    En mars 1902, le syndicat des ardoisiers de Trélazé demande son inscription à la Bourse du travail d’Angers. Cette affiliation est le fruit du travail de deux compères trélazéens, André Bahonneau (1848-1918) et Ludovic Ménard (1855-1935), qui oeuvrent depuis 1880 à l’organisation des perreyeux. Ils sont appelés à jouer un grand rôle dans la vie syndicale angevine…

    Très influencés par les idées anarchistes, ces inséparables fendeurs sont sous surveillance étroite de la police au début des années 1890, tout particulièrement Ludovic Ménard, qualifié dans un rapport de « dangereux et prudent meneur, chef incontesté de la secte anarchiste à Trélazé » même…

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  • Jules Allard, le tisserand rouge

    Qui se souvient de Jules Allard (1846-1931), fils de tisserand et tisserand lui-même, né au cœur du Cholet prolétaire ? Pourtant, jusqu’au début du 20e siècle, il fut l’une des voix de la contestation sociale dans le Maine-et-Loire.

    C’est comme défenseur des ouvriers du textile qu’il se fait connaître, créant en 1882 la Chambre syndicale des ouvriers tisserands (CSOT) du rayon industriel de Cholet, avec une poignée de militants investis dans L’Espérance des tisserands unis, une coopérative ouvrière de production formée en 1870.…

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  • 1910, « La machine tue le bras ! »

    Dans les années 1810, de l’autre côté de la Manche, des tisserands anglais brisaient les machines à tisser qui, d’artisans, les transformaient en chômeurs ou en prolétaires ; seule la répression vînt à bout de ces luddites. Un siècle plus tard, de septembre à décembre 1910, dans le Choletais, ce sont les tisserands à la main, les tisseurs et ouvrières à domicile ou en usines sur les bords de Sèvre, Maine-et-Loire et Vendée qui s’organisent pour lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail.

    Outre la revalorisation du tarif, comme en 1888 et 1904, et la baisse du temps de travail, les grévistes s’opposent à la conduite simultanée des métiers (4 métiers chaîne-coton ou 2 métiers chaîne-fil par tisseur) exigée par le patronat pour faire face à la concurrence.…

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  • Janvier 1917 les voeux pacifistes des époux Bouët

    Louis et Gabrielle Bouët figurent parmi les pionniers du syndicalisme enseignant. En 1905, ils participèrent à la création du Syndicat des instituteurs et institutrices laïques du Maine-et-Loire, à une époque où les fonctionnaires n’avaient pas le droit de se syndiquer, et à celle de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI) où ils jouèrent à plusieurs reprises un rôle déterminant.

    Ils furent de ceux qui, en 1914, refusèrent de se rallier à l’Union sacrée et contribuèrent l’année suivante à faire adopter par la FNSI une orientation résolument pacifiste à laquelle elle devait rester fidèle pendant tout le conflit. En janvier 1917, ils adressèrent le texte…

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  • Angers, novembre 1904 Bessonneau et la « galanterie française »

    En novembre 1904, les ouvriers et ouvrières du « secteur bois » de la Société anonyme des filatures, corderies et tissages d’Angers cessent le travail. Les premiers sont solidaires des secondes qui ne supportent plus le harcèlement sexuel dont elles font l’objet de la part d'un contremaître. Julien Bessonneau, le pieux patron et administrateur unique de la société, sera-t-il sensible à leur appel ?

    Religieux ou non, la plupart des hommes sont d’accord : la place des femmes n'est pas dans l'atelier car la femme est avant tout ménagère et mère, gardienne du foyer. Pour les athées, il revient à l’homme de nourrir la famille. Pour l’église, la fabrique…

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  • Mai 68 la grève générale et la « douceur angevine »

    Angers « la belle endormie », son château, son fleuve, ses rives paisibles, que sais-je encore… On en oublierait presque que la capitale du Maine-et-Loire fut une terre d’élection pour le syndicalisme révolutionnaire qui lui apporta des militants d’envergure comme Ludovic Ménard et André Bahonneau. En mai-juin 1968, Angers ne se tînt donc pas en retrait du mouvement social…

    Combien étaient-ils ce 8 mai 1968 à défiler ? Près de dix mille, soit autant qu’à Nantes, la puissante voisine. Là-bas comme ici, et ailleurs dans l’Ouest, on manifeste pour le développement industriel de ce grand Ouest agricole en pleine mutation. Les Angevins sont inquiets.…

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